LES CO-INFECTIONS
En plus des Borrelias, la tique peut également transmettre d'autres zoonoses qui compliquent le diagnostic comme la guérison. Les plus communément rencontrées sont :
- la babébiose (en savoir plus >)
- les bartoneloses
- la fièvre Q
- la tularémie
- les arboviroses
- les rickettsia
LA BABEBIOSE
La babésiose, (ou piroplasmose) est une maladie causée par des protozoaires voisins des Plamodium : les Babesia (une centaine d'espèces répertoriées à ce jour). Le parasite est inoculé aux vertébrés par un vecteur (habituellement une tique Ixodes). L’infection est le plus souvent due à Babesia microti ou Babesia divergens.
Le principal réservoir de Babesia divergens est constitué par les bovins. Après une incubation silencieuse de une à trois semaines, survient une hémolyse intravasculaire se traduisant cliniquement par l’émission d’urines rouges voire même noires, une fièvre importante associée à des frissons, des sueurs profuses, des lombalgies, des céphalées et myalgies, des douleurs abdominales et un ictère orangé. La babésiose peut persister de manière asymptomatique pendant des mois, puis reprendre avec une symptomatologie clinique et des résistances ont été observées.
Toute suspicion de babésiose doit être considérée comme une urgence absolue et un traitement doit être initié le plus rapidement possible.
Documentation : article détaillé • articles scientifiques
LES BARTONELOSES
Les différentes espèces de Bartonella infectent de nombreuses espèces de mammifères, dont l'Homme.
Les animaux, sauvages et domestiques, constituent le principal réservoir des 25 espèces actuellement décrites. Chiens et Chats sont les principaux pourvoyeurs de bartonelles, par transmission directe. Ils sont porteurs d'au moins 6 espèces, dont 4 sont reconnues pathogènes pour l'Homme.
Chaque espèce de Bartonella possède un hôte naturel et, probablement aussi, un arthropode vecteur (tiques, puces…).
L'importance et la diversité du réservoir animal et des arthropodes vecteurs portent à penser que l'exposition au risque est bien supérieure à ce qui a été supposé jusqu'à présent.
Le diagnostic clinique est parfois très évocateur, en présence d'adénopathies survenues après griffade par exemple.
Documentation : article détaillé • articles scientifiques
LA FIÈVRE Q
La fièvre Q est une zoonose causée par Coxiella burnetii. Elle est fréquente en France, comme partout ailleurs dans le monde. Les tiques ne sont pas les seuls vecteurs de cette maladie chez l’homme, la voie de contamination la plus fréquente étant l’inhalation de particules infectées contenues dans les sécrétions et déjections animales (bovins, ovins, chèvres, volailles, animaux de compagnie…) et le contact direct avec des animaux. C'est une maladie largement sous diagnostiquée.
La fièvre Q présente de multiples tableaux et formes cliniques : asthénie, frissons généralisés, sudation, céphalées, myalgies, douleurs thoraciques, hépatites, méningites, arthrites… Un rash inconstant peut survenir, généralement sur la poitrine les aisselles ou les cuisses. La guérison survient après une à deux semaines, suivie d’une longue convalescence. La forme respiratoire (dyspnée, toux sèche et douleur thoracique, crachats…) est révélée par une radiographie pulmonaire. Quelquefois, la fièvre Q prend une forme chronique, grave et souvent fatale.
La fièvre Q est inscrite au tableau français des maladies professionnelles du régime général sous le numéro 53 B, et du régime agricole sous le numéro 49 B.
Documentation : article détaillé • rapport de l'académie de médecine • articles scientifiques
LA TURALÉMIE
La tularémie est une maladie infectieuse causée par un bacille aérobie : Francisella tularensis. Le principal réservoir de la maladie est en effet constitué par les lièvres, lapin et rongeurs, mais la bactérie est capable d'infecter de bien d'autres espèces de vertébrés et d'invertébrés. Sa transmission s'effectue par contact direct avec un animal infecté ou contact avec un objet contaminé, ou après une piqûre d'arthropode vecteur, comme les tiques, puces, poux, punaises, moustiques, taons, araignées…
L'arrivée des symptômes est brutale : fièvre ondulante importante, frissons, céphalées, nausées, vomissements, prostration, faiblesse générale, ulcération au niveau de la piqûre… Cette maladie peut prendre de nombreuses formes et son diagnostic est difficile.
La tularémie est inscrite au tableau des maladies professionnelles sous le numéro 68 pour le régime général, et sous le numéro 7 pour le régime agricole.
Documentation : article détaillé • articles scientifiques
LES ARBOVIRUS
À ce jour, plus de dix arboviroses transmises par la morsure de tiques ont été identifiées en France. L’encéphalite européenne, propagée par Ixodes ricinus, est sans aucun doute la plus connue, et la plus importante en terme de Santé Publique. Cette même espce de tique peut aussi propager les virus Erve et Eyach.
Les autres arboviroses sont détectées dans les zones où séjournent les oiseaux. Elles sont le plus souvent transmises par la morsure de tiques ornithophiles, et occasionnellement anthropophiles.
Documentation : article détaillé • articles scientifiques
LES RICKETTSIA
Les Rickettsia sont de très petites bactéries et se compose à ce jour de multiples espèces et de dizaines de souches encore mal connues. La majorité de ces bactéries est associée à une tique qui leur sert de vecteur et souvent de réservoir. Les Rickettsia sont à l’origine de bon nombre de maladies émergentes, potentiellement mortelles.
Les Rickettsiæ se multiplient fréquemment à leur point d’inoculation pour donner une escarre.
En France métropolitaine différentes espèces Rickettsia peuvent être rencontrées, mais le pouvoir pathogène de nombreuses espèces de Rickettsia demeure encore inconnu,
On emploie le terme de rickettsioses pour l’ensemble des maladies causées par les bactéries de l'ordre des Rickettsiales, et inoculées par des arthropodes. Ces maladies ont une incubation moyenne de 6 à 10 jours et se déclarent par un intense syndrome grippal associant une fièvre élevée d’installation brutale, céphalées, arthralgies, myalgies, nausées, vomissements. Non traitée, cette fièvre peut durer plusieurs semaines avec des céphalées, des malaises, un état de prostration.
Une éruption cutanée maculeuse peut se généraliser. L’observation de cette éruption oriente a priori vers une rickettsiose ; surtout si elle est associée à la découverte d'une escarre d'inoculation (cette tache noire est très fréquente, excepté dans la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses), ou si le patient relate une morsure d'arthropode survenue dans une zone d'endémie.
Des complications graves peuvent survenir si le traitement tarde à être mis en œuvre. Le diagnostic de rickettsiose repose d'abord sur des données cliniques et surtout épidémiologiques (saison, séjour en zone d'endémie, espèce de tique vectrice, chien, profession).
Les rickettsioses sont inscrites au tableau des maladies professionnelles du régime général sous le numéro 53, et du régime agricole sous le numéro 49.
Documentation : article détaillé • articles scientifiques
Les tiques sont également vecteur de la M.E.T.
Les données ci-dessus ne sont données qu'à titre informatif et ne relèvent pas de la responsabilité de France Lyme. Si vous, ou un de vos proches, pensez que vous êtes atteint de la maladie de Lyme ou d'une autre infection à tique, un avis médical s'impose.


